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  • Lucie Ribault

Charte du consom'acteur

Mis à jour : 17 nov. 2019

Aujourd'hui, nous avons le choix de faire nos courses au supermarché, en ligne pour se faire livrer à domicile ou passer chercher sa commande au magasin.


Qu'importe le mode choisi, pour ceux qui veulent à la fois acheter des produits bons pour leur santé, pour l'environnement et leur compte en banque, voici quelques règles à suivre pour être un consom'acteur.


Si l'idéal est de choisir des produits locaux, de saison et bio, les courses peuvent devenir un vrai casse-tête: entre le local non bio, le bio suremballé, provenant de l'autre côté du globe ou hors budget pour certains, ce n'est pas toujours évident.


Ce qui importe, selon moi, est d'avoir conscience de ce que l'on achète et de choisir le "plus mieux" (ou le "moins pire" si vous préférez).


1. Tes courses le ventre plein tu feras

Il nous arrive à tous de faire les courses en rentrant du travail, fatigué et affamé ! Dans ces moments-là nos pulsions pour le gras, le sucré et le salé se réveillent et nous nous ruons tels des zombies vers les rayons des gâteaux, du fromage et des plats tout prêts (vous vous reconnaissez là?).

L'astuce, pour ceux qui, comme moi, ont du mal à résister dans ces moments-là, est de manger un fruit et/ou des amandes, ou autres petits en-cas sains, avant de quitter le travail ou sur le chemin du retour.


2. Tes sacs de courses tu recycleras

"En France, depuis le 1er juillet 2016 les sacs de caisse en plastique à usage unique sont interdits. Les sacs proposés doivent être réutilisables et constitués d'une autre matière que le plastique et, depuis le 1er janvier 2017, les commerçants ont l'obligation d'utiliser des sacs en papier ou en plastique biosourcé et compostable en compostable domestique pour la pesée des fruits et légumes, fromages à la coupe, viande ou encore poisson."

Source: https://www.economie.gouv.fr/particuliers/sacs-plastiques-interdiction


Si cette loi est une très bonne initiative, certains commerçants continuent de donner des sacs plastiques. De ce fait, il reste une part de responsabilité individuelle. À nous, consommateurs, de penser à conserver nos sacs de courses.


Il y a trois ans, j'ai reçu un sac pliable lors d'un "Secret Santa" (=échange de cadeaux surprises à Noël - je vivais alors à Londres). C'est un cadeau génial: le sac ne prend pas de place dans mon sac à main, il est très résistant, lavable car il est en tissu, et en plus il est "design"! On en trouve maintenant dans de nombreux magasins, avec des motifs variés et très colorés. Je recommande! Il existe de nombreux "tote bag" en coton, matières recyclées, chanvre... Avec la tendance zéro déchet, de nombreuses personnes se lancent dans la confection et la vente de ce type de produits. Renseignez-vous autour de chez vous ou bien fabriquez-les vous-même :)


3. Une liste de courses tu écriras

Je ne suis pas pour l'utilisation à outrance des portables cependant cela peut être utile pour faire sa liste de courses. Plus de risque de perdre ou de passer son temps à chercher le papier au fond de son sac (et le stylo)! Cela dit c'est un bon entraînement pour la mémoire!


Faire une liste comporte beaucoup d'avantages:


- planifier les repas pour la semaine (ou au moins sur quelques jours): cela permet de réfléchir en amont à des plats équilibrés pour la semaine voir ce qu'on a déjà dans les placards et faire l'inventaire de ce qui manque permet d'éviter d'acheter en double voire en triple le même produit!


- gérer son budget (et ses pulsions) : on évite d'acheter tout ce qui nous tente, ce qui "a l'air délicieux"; on se focalise sur ce dont on a vraiment besoin


- un gagne-temps: fini de déambuler dans tous les rayons à la recherche d'idées. On va directement aux rayons qui nous importent. Cela n'empêche pas de se laisser tenter par une promotion ou de nouveaux produits de temps en temps.

Sans être rigide, c'est un véritable outil pour faire ses courses de manière raisonnable, utile et économique (en temps et en argent).


L'astuce pour ne pas faire sa liste de courses dernière minute et d'oublier des choses: avoir un tableau dans la cuisine où chacun écrit dès qu'il finit un paquet de pâtes par exemple (très utile en famille). Cela évite les mauvaises surprises.


4. Des produits de saison, locaux et, si possible, bio tu achèteras

Il y a plusieurs raisons d'acheter des produits locaux: ils seront plus à même d'être "frais" (au sens fraîchement récoltés), généralement de saison (notamment s'ils sont bios) et leur impact écologique sera moindre du fait de la réduction des kilomètres parcourus entre leur lieu de production et votre assiette.


D'autre part, en privilégiant les circuits courts (marchés, AMAP, la vente directe chez les maraîchers et fermes du coin), on favorise l'économie locale. Vous pourrez en plus discuter directement avec les producteurs sur leur façon de cultiver. Avoir le label "bio" coûte cher pour certains, notamment pour les petits exploitations. Certains cultivent pourtant sans pesticides et autres produits chimiques.


Cela n'a pas beaucoup de sens d'acheter ses légumes et fruits bio provenant de l'autre côté du globe; en même temps certains produits tels que le chocolat ou le café ne poussent pas sous nos latitudes.


Si vous êtes perdus sur les produits de saison, des applications pour mobiles sont disponibles pour vous aider (ex: le site de Greenpeace). Vous pouvez également faire partie d'une AMAP - Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne - ou "La Ruche qui dit oui" ce qui vous assure des produits frais, bio, locaux et de saison (il faut prendre le temps de regarder ce que proposent les producteurs).


5. Le vrac et les emballages biodégradables tu privilégieras

Choisir ses fruits et légumes en vrac permet de réduire les emballages et de les choisir en fonction de leur fraîcheur et du moment où l'on compte les consommer. On choisira, par exemple, un avocat plus ou moins mûr selon si on veut le manger tout de suite ou dans les jours à venir.


C'est aussi l'occasion de sentir, de toucher les aliments et, par là, de se (re)connecter avec la nourriture.


En achetant, par exemple, ses fruits et légumes sur le marché, on peut tout de suite voir si les produits sont frais (contrairement au supermarché où les fruits et légumes sont souvent conservés en chambre froide (donc sans odeur) et pourrissent rapidement après leur achat).


C'est aussi l'occasion de parler des produits, d'échanger avec les producteurs sur leur mode de production, de les valoriser et de se reconnecter avec ce qu'on mange.

J'apprécie d'autant plus mes fraises des bois après avoir mis un visage sur celui/celle qui les a récoltées à la main!


Autre avantage non négligeable: le vrac revient souvent moins cher. Eh oui cela coûte généralement plus cher d'avoir nos aliments emballés dans du plastique (sans compter l'impact sur l'environnement). Regardez le prix au kilo (ou pour 100 g...) et comparez.

C'est d'ailleurs valable pour n'importe quel achat alimentaire: comparez les prix au kilo!


Si vous achetez du vrac en magasin, pensez à placer les aliments dans des bocaux en verre ou autres récipients hermétiques afin de les protéger des mites alimentaires (elles mangent les sacs kraft et emballages en carton, croyez-en mon expérience).


6. Les monnaies locales tu connaîtras

Comme le nom l'indique, ces monnaies sont destinées à être échangées localement notamment à l'échelle des villes.


Cela permet de développer l'économie locale et de renforcer les circuits courts car les commerçants adhérents ne peuvent utiliser cette monnaie que chez des fournisseurs locaux eux-mêmes adhérents.


À Nantes par exemple la monnaie locale est la SoNantes.


7. Les étiquettes tu décrypteras

J'ai pris assez jeune l'habitude de regarder les étiquettes des produits en faisant les courses avec ma mère. En grandissant, je me suis rendue compte que peu de gens font cette démarche, se fiant le plus souvent au slogan marketing inscrit sur l'emballage tels que "100 % naturel", "produit miracle" "allégé"...


En tant que consommateur responsable, pensez à vérifier:


- la provenance des produits (notamment dans l'objectif d'acheter le plus local possible)


- la fraîcheur, en distinguant en particulier les mentions suivantes:


« à consommer de préférence avant », indique la date à laquelle les qualités nutritionnelles du produit risquent de diminuer, mais sans pour autant de risque pour la santé du consommateur. Un produit dont la date limite d’utilisation optimale (DLUO) est dépassée peut encore être consommé sans problèmes, dans une limite raisonnable. La Biocoop où je travaillais avait un rayon pour les produits dont la DLUO était dépassée à prix réduit.


« à consommer avant »: on parle alors de date limite de consommation (DLC) au-delà de laquelle le produit peut présenter un risque pour la santé et ne peut être commercialisé (notamment les produits frais, ceux des bébés...).


Il faut noter que beaucoup de produits restent consommables après la date indiquée. Les dates sont aussi inscrites pour permettre au magasin de faire des roulements de stock et de nous inciter à consommer rapidement.


- la liste des ingrédients: pour les produits transformés les ingrédients sont rangés par ordre d'importance décroissante dans la composition du produit (vous aurez parfois de grande surprise).


- les allergènes (ingrédients souvent inscrits en gras, ou mentionnés tels que "peut contenir des traces de..."), les colorants, additifs néfastes pour la santé, les ingrédients qui ont un impact néfaste sur l'environnement et bien souvent sur notre santé également (exemple: OGM, huile de palme..). Des applications disponibles sur Smartphone peuvent faciliter la tâche à ce niveau (je développe ce point plus loin) .


Le plus simple est de consommer le maximum de fruits, légumes, poissons.. et autres produits non transformés (bios si possible) ou contenant le moins d'ingrédients possibles. Personnellement j'applique la règle: je ne comprends pas un ingrédient, je n'achète pas.


Voici un article du magazine "60 millions de consommateurs" sur le décryptage des étiquettes.

Voir également cet article intéressant du site "Que choisir" présentant une liste de produits cosmétiques contenant des ingrédients néfastes pour la santé:


Certes c'est un temps à passer et je comprends que cela rebute certains. Cependant, une fois que l'on connait les marques et les labels (voir le point suivant) qui garantissent la qualité des produits, cela peut aller très vite.


8. Les labels tu remarqueras

Voici quelques exemples de labels qui garantissent que le produit a été réalisé selon certaines normes et une charte définies, notamment pour réduire l'impact sur l'environnement et la santé.


https://www.ecolabels.fr/quest-ce-quun-ecolabel/


Ce site présente succinctement les labels existants:

https://www.notre-planete.info/ecologie/eco-citoyen/labels_ecologiques.php#alimentation


Voir aussi le site : http://agriculture.gouv.fr/bien-connaitre-les-produits-de-lorigine-et-de-la-qualite




Agriculture biologique (France) à gauche / AB, logo européen à droite

Notez que le logo Agriculture biologique (à gauche) n'a plus de valeur juridique; seul le label européen (à droite) est obligatoire. Le logo AB France est uniquement utilisé pour la communication car la majorité des français associent le bio à ce logo.

Le problème est que les normes européennes en matière de bio sont plus permissives quant à l'utilisation de certains produits chimiques.


9. Des applis tu t'aideras (si Smartphone tu as)

Il existe aujourd'hui des applications gratuites permettant d'aider le consommateur dans le choix des produits achetés en soulignant, entre autres, les substances allergènes ou nocives pour la santé (ex: additifs controversés).


Ces applications ont l'avantage de contribuer à faire de nous des consommateurs responsables. Il est intéressant néanmoins de s'intéresser aux critères utilisés dans la note attribuée. À vous de mobiliser votre esprit critique!


Certaines applications donnent une "mauvaise note" à des produits cosmétiques par exemple du fait qu'ils contiennent des huiles essentielles, qui sont des substances potentiellement allergènes. Cela n'enlève rien à la qualité du produit. Je pense notamment aux produits Weleda qui obtiennent une note basse bien qu'étant de bons produits.


D'autres surnotent certains produits ex: céréales pour petit déjeuner qualifiés "d'excellents" tandis que des denrées telles que le miel, composé à 100% de sucre, sont dévalorisées.


À noter que les applis pour les denrées alimentaires sont utiles dès lors qu'on consomme des produits fabriqués industriellement (bio ou non) - En cuisinant de A à Z, plus d'étiquettes à déchiffrer si l'on choisit des ingrédients simples!


Voici quelques exemples d'applications pour l'alimentaire parmi les plus connues et utilisées. Comme rien n'est parfait, chacune a des points positifs et d'autres à améliorer.

Pour les produits cosmétiques:


Quelcosmetic, une application proposée par l'association de consommateur "Que choisir"

Yuka

Inci Beauty


Tout changement dans les habitudes demande du temps. À vous de trouver votre rythme et de composer avec votre entourage afin d'avoir leur soutien.


En tout cas si vous avez lu cet article, vous ferez peut-être vos course différemment. S'interroger et prendre conscience de ce qu'il y a derrière les produits alimentaires et cosmétiques est un pas en avant, à la fois pour notre santé et notre planète!


Pour celles et ceux qui veulent aller encore plus loin, je vous propose des recettes simples et gourmandes ainsi que des idées pour créer vous-mêmes vos produits d'entretien et cosmétiques.


Plus besoin de lire les étiquettes et quel plaisir!

Lucie Ribault

Naturopathe - Nantes